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Pourquoi je suis végétarienne

pamplemousse« Je pense que les transformations et les effets purificateurs d’un régime végétarien sur l’homme sont très bénéfiques à l’espèce humaine. Par conséquent, en choisissant le végétarisme, on sera à la fois heureux et paisible. » Albert Einstein.

Comme le recommandait le prix Nobel, je suis (presque) végétarienne. Je dis « presque » car il m’arrive encore de consommer du poisson. J’ai vraiment du mal à m’en passer et comme je pars du principe qu’il ne faut pas se priver…

En revanche, j’ai bien tiré un trait sur la viande rouge, la volaille, les œufs et les produits laitiers. Mais cela n’a pas toujours été le cas, et je dois avouer que le Yoga ne m’a pas converti mais bien aiguillé…

D’ailleurs, en évoquant autour de moi ma passion, j’ai souvent droit à des réactions typiques : « hm, je vois le genre, tu ne bois pas, tu ne fumes pas et tu manges des graines ». Les clichés sont tenaces… Pourtant, le Yoga est tout le contraire des extrêmes qui lui collent à la peau : c’est une question d’équilibre, y compris question alimentation.

Mais justement, l’équilibre ne dépend-t-il pas de chacun ?

Goût et dégoût

Vers l’âge de 20 ans, je savais qu’un jour j’arrêterai de consommer de la viande. Je ne savais pas quand, mais je savais que ce moment arriverait. Et puis j’ai vu Earthlings, qui dénonce le traitement des animaux destinés à la nourriture, mais aussi aux divertissements, à l’habillement et aux recherches scientifiques. J’avais déjà cessé de consommer de la viande mais après visionnage de ce documentaire, qui condamne la conduite humaine face au monde animal comme aucun autre ne l’avait fait auparavant, mon regard face au concept de la « non violence » a totalement changé.

La non violence, « ahimsa » en sanskrit, est justement un des principes fondateurs du Yoga (car le Yoga n’est pas seulement la pratique des asanas, c’est aussi un mode de vie, il ne faut pas l’oublier). Choisir d’être non violent, c’est choisir de respecter la vie. Consommer des animaux a qui l’on a ôté leur droit le plus fondamental (je parle bien de celui d’exister), qui plus est dans les conditions cruelles que sont celles de l’industrie alimentaire, est donc totalement exclu.

En Inde, tout le monde est végétarien. C’est ainsi depuis l’antiquité : celui qui ne cause aucun mal aux êtres vivants, qui ne les soumet à aucune contrainte, n’étant l’ennemi de personne, n’a plus d’ennemi en retour. Et en réponse à cette âme bienveillante, qui respecte chaque créature, incombe la sympathie universelle.

Pour autant, le Yoga suggère également que nous soyons à l’écoute de notre corps, de nos envies. On pourrait donc dire qu’il y a contradiction…

Même pas une tranche de saucisson ?

Alors que je voyageais en Andalousie (végétarienne depuis deux ans) j’ai ressenti l’envie de manger à nouveau de la viande. Allez savoir pourquoi ! J’étais totalement ivre des espagnol(e)s, de leur culture, de leur rapport à la vie. Et au jamón bien sûr.

On dit que l’alimentation suit le rythme des saisons, pourquoi pas celui des pays ? Je me suis laissée tenter et, petit à petit, j’ai réintégré de la viande à mes repas. Y compris quand je suis revenue, jusqu’à ce que je sois de nouveau totalement omnivore.

Pourtant, mes convictions n’avaient pas changé. Ce qu’il s’est passé, c’est tout simplement ce que suggère le Yoga : j’ai écouté mon corps… C’est aussi ce que j’ai fait quand j’ai déroulé mon tapis pour la première fois, et que l’idée de manger des animaux me pose à nouveau problème.

Au début, je n’ai pas remodifié le contenu de mon assiette. Je me suis simplement aperçue qu’après un cours de Yoga, la perspective de manger un steack tartare ne m’emballait pas franchement. Et ça m’a fait réfléchir…

Eat clean and « be happy »

D’après l’Ayurvéda, système de santé holistique de l’Inde ancienne qui fonctionne de pair avec le Yoga, l’idéal serait de manger « sattvique ». C’est à dire léger, frais et bien sûr naturel – le but étant de préparer le corps à la pratique du Yoga. A l’inverse, les aliments « tamasiques » (pâtes, oignons et bien sûr viande) qui sont beaucoup trop longs à digérer, donnent sommeil et nous encouragent à l’immobilité.

Capture d’écran 2015-05-05 à 11.13.03Ce n’est pas une révélation en soi – manger léger sert un mode de vie actif et manger lourd nous cloue au canapé – il n’empêche qu’en pratiquant on s’aperçoit réellement de l’impact de la nourriture sur notre corps. Mais aussi sur l’esprit… Difficile de faire preuve de discernement après un Big Mac et une grande frite. Non ?

C’est donc tout naturellement et sans me priver que j’ai de nouveau réduit ma consommation de viande. Puis j’ai fait ce voyage en Inde, j’ai découvert un nouveau mode de vie qui a réellement transformé ma façon de m’alimenter.

Comme le plupart des teacher training courses, on mange végétarien pendant un mois. Alors quand je suis rentrée en France et que, par politesse pour celui qui l’avait cuisinée, j’ai croqué dans une paupiette de veau, j’ai cru que mon corps n’allait jamais s’en remettre…

In love with Mother Earth

Oui, digérer des protéines animales est réellement laborieux. Et pas seulement à notre petite échelle d’êtres humains…

Si il y a bien un aspect que nous bafouons dans nos sociétés occidentales et sur lequel le Yoga m’a éclairé : c’est le fait de vivre en pleine conscience. C’est à dire, en étant responsables de nos actes.

Loin de moi l’envie de faire de la démago, mais il ne faut pas oublier qu’en stoppant la consommation de produits d’origines animales, on sauve 923 millions de vies qui crient famine. On protège aussi la planète de la plupart des catastrophes naturelles. On remédie aux pénuries d’eau. On cesse de polluer les nappes phréatiques… Et ainsi de suite.

Car, en dépit de l’ouverture d’esprit et du bon sens dont j’essaie de faire preuve, une question me titille : comment peut-on faire son Yoga, parler gratitude, chanter sahanâvavatu, remercier la terre mère… et menacer sa survie en consommant de la viande ?

_________________

 AIMER

Tu dis que tu aimes la pluie,
et tu fermes la fenêtre.

Tu dis que tu aimes les fleurs,
et tu leurs coupes la queue.

Tu dis que tu aimes les poissons,
et tu les pêches
et tu les manges.

Alors quand tu dis que tu m’aimes,
j’ai un peu peur.

Jacques Prévert

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<!–

22 Commentaires

  1. D'ici et ailleurs
    5 mai 2015

    Je ne suis pas végétarienne, mais j’essaye de limiter ma consommation de viande. Je pense qu’il est utopique d’espérer que tout le monde devienne végé, mais une consommation responsable ferait clairement beaucoup de bien à la planète. Ton article est très intéressant, car contrairement à beaucoup d’autres, il ne condamne pas.

    Une chose me chiffonne quand même : la planète entière pourrait être végétarienne que cela ne changerait rien à la survenue des catastrophes naturelles (qui sont des phénomènes géodynamiques).

    • Laura
      5 mai 2015

      Tu as raison il ne faut pas faire l’amalgame entre catastrophe naturelle et calamité agricole. Pour autant, le deuxième a forcément un impact sur le premier… En tout cas, c’est ce que je sous-entendais dans mon billet.

      Merci pour ton commentaire 🙂

      • D'ici et ailleurs
        5 mai 2015

        En fait non, ça n’a même pas d’impact. La planète pourrait être super bien gérée qu’il y’a aurait encore tremblements de terre, éruptions volcaniques, tempêtes, typhons, tornades, tsunamis, etc…

        A moins que tu n’entendes pas la même chose que moi par le terme catastrophes naturelles.

        • Marine
          27 septembre 2017

          Une réponse bien tardive, plus de deux ans après le commentaire posté, mais je voulais juste répondre à ce point en mentionnant l’ouvrage « la vie secrète des arbres », dont un passage détaille le lien de cause à effet entre déforestation (notamment ayant pour cause le développement des cultures agricoles – dont la majeure partie aujourd’hui sert à nourrir les bêtes) et augmentation des catastrophes naturelles de type glissements de terrain, mais aussi et surtout tempêtes, ouragans, etc. Il existe donc un lien 🙂

      • D'ici et ailleurs
        5 mai 2015

        (Loin de moi l’idée d’être une reloue finie qui vient contredire pour le plaisir de contredire, j’ai dévoré tous tes articles et celui-ci me parle aussi, mais la fille en moi qui a fait des études de biologie/géologie et qui était passionnée par ces histoires de tectonique des plaques et compagnie (je sais c’est super bizarre comme passion) s’est réveillée en voyant ce que tu as écrit)

        • Laura
          6 mai 2015

          Alors là je serais bien mal placée pour te gronder ! Au contraire, j’adore qu’il y ait débat et ton point de vue est très intéressant. Nos passions ne sont pas si éloignées finalement, tectonique / Yoga… Tout est une question de choc ! 😉

  2. Lizzie
    5 mai 2015

    J’adore ton blog, source d’inspiration et de bonne humeur constante je trouve !
    Je ne suis pas végétarienne. Cependant je ne mange quasi-jamais de la viande tout simplement car je ne suis pas particulièrement fan. Cependant, je ne cautionne pas ce qui se passe en ce moment dans l’alimentation. Tout dans l’excès et la rapidité. Comme si ce que l’on mange n’est pas plus important. Manger n’exprime que 10 min de pause à 12h entre deux rendez-vous. Je trouve cela triste.
    Déjà si on ne nous martèlerais pas le cerveau avec le « temps » on prendrais le temps de manger bien mieux !
    Autre le problème de la viande, l’alimentation entière des gens est à se questionner ! ^^

    • Laura
      6 mai 2015

      C’est très pertinent ce que tu dis : 10 minutes pour manger ce n’est pas suffisant non seulement pour le corps, mais aussi pour la tête ! Nous avons besoin d’être conscient de ce que nous faisons, y compris (surtout ?) lorsque nous mangeons. Parfois, je fais le vide total en mangeant, je ne me concentre que sur une chose : le goût de ce que je mange et moi en train de mastiquer, de prendre mon temps. Curieusement, quand je fais ça je mange beaucoup moins que lorsque je me presse, car ce que je mange et l’intention que j’y mets me suffisent.
      A bientôt 🙂

  3. Maud
    6 mai 2015

    Salut Laura! J’ai découvert ton blog récemment et j’adore y revenir et te lire! Les sujets que tu abordes et ta façon d’en parler…c’est top!
    Merci pour ces joyeux moments de lecture!
    A bientôt!
    Maud – leblogyoga.com

    • Laura
      6 mai 2015

      Salut Maud, merci à toi, sans qui non plus il n’y aurait pas de joyeux moments de lecture 😉 Du coup, je découvre ton blog par la même occasion : très sympa ! Tu as donc bien fait de laisser un petit commentaire.
      A bientôt !
      Laura

  4. CamilleG
    6 mai 2015

    Je mange également ni poisson ni viande depuis quelques mois.
    Les oeufs, peut-être une fois tous les mois dans les gâteaux.
    Produits laitiers j’en mange plus non plus depuis plus de 2 ans

    je comprends et je me reconnais dans ce que tu dis !!!
    mention spéciale pour la pleine conscience (j’adore la méditation)

    • Laura
      6 mai 2015

      Coucou ! Oui, j’ai pu suivre un peu tes aventures culinaires sur le blog. C’est chouette que tu aie cette connexion là ! Je ne savais pas que tu pratiquais la méditation, encore un point commun 🙂

  5. Isa
    6 mai 2015

    Bonjour Laura j’ai beaucoup aimé ton récit concernant le végétarisme.
    Car il est sincère et profond.
    On sent à quel point tu es en total harmonie entre ton corps, ton âme et ton esprit.
    J’aimerais bien participer à tes cours.
    Je vais de suite t’envoyer un mail.

    Isabelle.

  6. Océalie
    6 mai 2015

    Je me reconnais tout à fait dans ton témoignage. Pour ma part, ce sont de supers documentaires tels que We Feed The World et Notre Pain Quotidien qui ont servi d’électrochoc. J’ai commencé par fuir tous les fast food, puis toutes les chaînes, puis les grandes surfaces… Aujourd’hui je suis flexitarienne mais je ne mange de la viande que quand je suis invitée quelque part. Et je ne connaissais pas ce joli poème de Prévert qui est vraiment efficace. Hehe
    It made my day ^^
    A bientôt j’espère

    • Laura
      7 mai 2015

      Merci pour le partage des documentaires, utile !
      Les fast food… Je crois que je ne me souviens même pas avoir mis les pieds dans un Mc Do, c’était sûrement forcée en tout cas 🙂 J’ai aussi commencé par ne consommer de la viande que lorsque je n’avais « pas le choix ».
      A bientôt !

  7. Coralie
    7 mai 2015

    J’adore 😉
    Merci pour ce poème qui parle de lui-même 😀
    Belles énergies pour ta poursuite

    • Laura
      7 mai 2015

      Merci Coralie <3

  8. Super témoignage sur un sujet plus que contemporain! J’en parle d’ailleurs par mal en ce moment sur mon blog. Etre veggie ou ne pas être?… Earthlings, j’en ai vu 10min. J’ai tellement pleuré que j’ai arrêté. Pourtant, on m’avait prévenue! En revanche, j’ai regardé avec beaucoup d’attention Cowspiracy. Un docu qui dénonce l’élevage intensif comme étant la première cause des dérèglements climatiques et qui explique pourquoi les ONG green n’en parlent pas. Déroutant. Je te le conseille. ça m’a convaincue de passer du côté veggie.
    J’aime la manière dont tu abordes le truc. Ce côté « écouter son corps » est important. ça évite aussi de faire culpabiliser les veggies ou vegan qui auraient une subite envie de sauciflard.
    J’en profite (comme c’est mon premier comment) pour te congratuler pour ton blog et ton style très fresh! Je le découvre aujourd’hui et j’ai déjà lu pas mal de tes articles! A bientôt!

    • Laura
      11 juin 2015

      Hello Emilie,
      Merci pour ton message, je découvre aussi ton blog par la même occasion, très sympa 🙂
      Je ne connaissais pas Cowspiracy ! Je regarderai du coup, c’est exactement le genre de docu qui m’intéresse…
      A bientôt
      Laura

  9. Seb
    12 février 2016

    Je ne suis pas végétarien mais j’essaie de comprendre pourquoi certaines le sont !

    • Laura
      13 février 2016

      Et alors ça avance ? 🙂

  10. Leona Reading
    26 février 2016

    Très bel article, cela fait presque 2 ans que je ne mange plus de viande et je me sens tellement plus sereine et en accord avec moi-même…

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