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Canggu : portrait of my (bitter) sweet home in Bali

Ah, Canggu… Quand on me demande où je vis aujourd’hui, je ne sais pas quoi répondre, je ne sais pas par où commencer, je ne sais pas quoi décrire en premier… Je me dis qu’on ne peut pas comprendre tant qu’on est pas venu, qu’il n’est pas possible de se représenter un endroit qui n’existe nulle part ailleurs, qui n’a pas d’équivalent. Pour moi, Canggu est un ovni, une autre galaxie, que l’extraterrestre que je suis a passé sa vie à chercher pour pouvoir se sentir enfin chez lui.

Mais qu’est-ce qui me retient tant ici ?

Il existe une formule magique, une combinaison parfaite, qui fait de Canggu la bulle inédite mais surtout irrésistible dans laquelle je me suis totalement immergée depuis un an, et dont je suis désormais incapable de me défaire – à tel point qu’il m’arrive parfois de faire le cauchemar que je suis dans un avion, en partance pour un autre aéroport, et de pleurer toute les larmes de mon corps.

Canggu, qui serait apparemment le nom d’une fleur, c’est une sorte de yin-yang schyzophrene entre les green-juices bar / cours de Yoga de Venice Beach, le street art Berlinois, la scène surf du Costa Rica et enfin les nuits endiablées de Mykonos. Un cocktail Molotov, un mariage ensorcelant, que les gens adorent ou bien détestent.

Ce village atypique, qui dormait encore il y a quelques années avec ses quelques warungs indonésiens et homestay vétustes, est devenu un spot incontournable de Bali. Encore quasi introuvable cependant sur les guides de voyage, cet espèce de paradis hipster, de “ Brooklyn-on-Sea” construit au milieu des rizières, rassemble à 10km de Kuta seulement une communauté alternative de “digital nomad” barefoot un peu rebelle, gypsy, férue de surf, tattoo, yoga et healthy living… Entre autres.

Certes, l’ile des Dieux a déjà été le point de ralliement d’autres générations pieds-nus bien avant nous. Dans les années 70, une multitude d’aventuriers hippies avides de terres vierges – et probablement las des énergies de Goa – ont défloré les plages de Bali, en quête de ses vagues légendaires, de sa végétation luxuriante et de ses locaux tellement relax. Certains sont restés, d’autres ont continué leur route mais la plupart ont toujours fini par revenir, car une fois qu’on est venu, le cordon ne pourra que rarement se couper.

Jusqu’à présent, Canggu n’avait toutefois jamais été la destination la plus prisée – les pro-surfers ont toujours plutôt jeté leur dévolu sur Uluwatu, perché sur les falaises du Bukit et dont les sets sont mondialement populaires ; d’autres préfèrent Sanur pour sa tranquillité et enfin Ubud, capitale du New Age qui attire yogis et autres mystiques 2.0, dont le portrait a été savamment dépeint dans le célèbre “Eat Pray Love” d’Elizabeth Gilbert.

Aujourd’hui, Seminyak n’est plus aussi cool que ce qu’il était et Kuta a souvent l’air de s’être vidé de ses touristes… Tous se ruent vers Canggu, par curiosité et souvent pour la vie.

Le prédécesseur à toute cette horde de créatifs venus brancher leur ordinateur aux cafés healthy de Canggu, n’est autre que le fashion designer Australien Dare Jennings. En 2006, celui qui se cachait derrière le label Mambo a ouvert DEUS EX MACHINA, une marque de vêtements, surfboards et custom motorbikes résolument cool. Avec son concept-store bien léché, qui fait aussi office de resto, live music et galerie d’art, Dare Jennings a ouvert la voie. Aujourd’hui, Canggu regorge de Yoga Studios avec vue panoramique sur les rizières – The Practice, Samadi… – des cafés et restaurants comme ceux que l’ont pourrait croiser sur les routes de Portland – Crate, The Canteen, Shady Shack… Des skate parks et, surtout, plusieurs surf breaks qui font la joie des débutants comme des intermédiaires.

Sur Batu Bolong et Pantai Berawa, les deux axes principaux menant à la plage, les cafés qui défilent le long de la route sont tous plus attrayants les uns que les autres. Plantes vertes suspendues, dream-catcher et macramé (Organic Cafe, Shady Shack…), en passant par le béton poli conjugué aux cactus en pots (Crate, Nude…) ou encore les surfboards vintages de Gari Lopez (The Canteen)… San Francisco n’a qu’a bien se tenir. Ici, le wifi marche partout, on bosse entre freelancers avec vue sur les palmiers ou les paddies au son de KYGO. Compte tenu du lifestyle si particulier, le petit-déjeuner est par ailleurs le repas le plus important de la journée. Chia, spiruline, noix de coco, turmeric, Kombutcha… On trouve partout de quoi alimenter body / mind / spirit et aussi son feed Instagram en #goodfood. La bouffe n’est pas bonne, elle est délicieuse…

@aribagus01

@joshuajanuardy

@aribagus01

Quelque soit la saison, le soleil se couche tôt. Vers 18h, après ou pendant le traditionnel sunset surf, tout le monde se retrouve à la plage et dans les nombreux beach bars, boire une Bintang fraîche (la bière locale) et discuter entre amis. A Old Man’s, le chef-lieux de Batu Bolong, les locaux et les westerns se mélangent pendant l’happy hour, pour donner lieux à des conversations souvent improbables, mais aussi des séances de flirts qui deviennent coutume au fil des mois. The Lawn, qui d’une simple pelouse s’est métamorphosé en jardin fancy où touristes et expats font l’effort de s’habiller avant de venir, sert ses clients sur le rooftop, la fameuse pelouse et même dans la piscine. On s’éloigne gentiment de l’esprit de Canggu, il y a comme un air de Seminyak et de ses endroits branchés… C’est moins contre-culture et plus cher, mais les concerts en plein air mettent cependant bien l’ambiance.

Les mercredis et vendredis, la nuit se prolonge à Old Man’s, qui devient “the dirty place to be” avec son célèbre beer pong mais surtout son dancefloor surchargé. Comme le dit la coutume, ce qu’il s’y passe reste sur place – mais on retrouve parfois quelques souvenirs sur la page Facebook du bar. Quand la soirée se termine quelque part, elle continue quoi qu’il arrive à Sandbar sur la plage d’Echo Beach. On danse dans la nuit noire, parfois sous des pluies tropicales, au rythme des vagues qui se déversent sur les rochers. Sandbar, c’est la raison pour laquelle je retrouve presque toujours du sable dans mon lit… Le dimanche, on finit la semaine à Deus avec son fameux live music. Rock garage, reggae, soul… L’ambiance change toutes les semaines, mais pas les habitudes de la foule qui vient toujours vibrer avec la nuit, quoi qu’il arrive.

Il n’y a pas de notion du temps. C’est une réalité parallèle, un monde à part où tout est possible, le paradis des esprits libres et créatifs. C’est aussi une réalité qui peut être détruite en un rien de temps, car même si Canggu est devenu l’asile des Wanderlust venus des quatre coins du globe, il n’en reste pas moins que le sol est balinais, et donc sujet à deux lois que beaucoup de visiteurs ignorent en arrivant : Sekala et Niskala, autrement dit la surface, le monde matériel, et d’autre part l’esprit, le sens caché de toute vie, la force qui vibre EN chaque chose. Les balinais sont d’ailleurs un des rares peuples à prier non seulement les Dieux mais aussi le Diable.

Ceux qui vivent ici en permanence, et parfois même ceux qui ne sont que de passage, sont d’accord pour dire qu’existe une autre facette de Bali, plus sombre – c’est l’endroit sur Terre où j’ai le plus souvent côtoyé la mort, les nuits baignent parfois dans une atmosphère étrange, il se produit toujours des phénomènes incroyables – que ce soit dans la vie de tous les jours ou bien lors des cérémonies, on se retrouve régulièrement tourmenté par ses propres démons, les remises en question sont obligatoires… Mais une fois que l’on a entendu et accepté que les deux énergies cohabitent, on s’avère alors être exactement là où on doit être.

@georgkhrapov

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Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.Free spirit, ocean addict & gypsy soul, je vis barefoot sous les palmiers. Ici, je partage avec vous mes bons plans à Bali, ma passion pour le surf, le Yoga et mon lifestyle de digital nomad.

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