Tales of the Sea

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MEET THE LOCALS // Surf trip to Red Island, Java // Rencontre avec Jack, Bali Tiger

Ils sont surf guides, artistes, photographes… Ils ont grandi dans la jungle à Sumatra, Lombok ou encore Medewi. D’autres ont fui une autre (concrete) Jungle, celle de Jakarta, pour une vie hors des sentiers battus. Ils parlent un anglais approximatifs mais, avec leurs grands sourires et regards entendus, parviennent toujours à se faire comprendre. Ils sont des rencontres furtives et, parfois, deviennent de vrais amis… Bienvenue sur « Meet the Locals », entre Bali et ailleurs.

Aujourd’hui, je vous présente Jack Irawan, qui est né dans la région de Negara (Bali Ouest), a fait ses premiers galons de surfeur en Australie avant de venir s’installer à Canggu, et avec qui je suis partie à l’aventure dans les îles de l’Est Java il y a quelques temps. 

J’ai souvent croisé Jack sur le line-up avant que l’on se rencontre « officiellement ». On se reconnaissait, sans jamais s’être vraiment parlé. Puis, cette année, alors que Bali se prépare à plonger dans le silence et le jeûne du nouvel an balinais « Nyepi », Jack m’a contactée pour m’annoncer qu’il part surfer les vagues peu explorées de « Red Island » à l’Est de Java, et qu’il restait une place dans le pick-up qu’il partage avec sa bande de potes.

Après quelques recherches sur cette mystérieuse île, je découvre avec stupeur que son sable a pour habitude de devenir rose en fonction de la lumière, offrant un spectacle à couper le souffle au coucher de soleil. Il ne m’en faut pas davantage pour accepter de partir avec eux.

Pendant les quatre longues heures de trajet qui séparent Bali du sable de Red Island, je suis la plupart du temps à côté de Jack. C’est ainsi que j’apprends qu’il est originaire de Medewi, une des rares régions musulmane de Bali ; qu’il a été cuisinier en Finlande et prof de surf en Australie, et que s’il n’a pas sa portion de riz à chacun de ses repas, y compris le petit-déjeuner, il « meurt ». Je découvre aussi, quand il me dit que tous les crocodiles ont disparu d’Indonésie et que dans le village où nous allons les conducteurs stoppent leur véhicule au vert et passent au rouge, qu’il a un certain sens de l’humour et enfin, quand ce foutu caniche décide de traverser la route alors que nous sommes lancés à pleine vitesse, qu’il n’est pas très bien réveillé…  Je suis hilare : « tu sais que viens juste d’écraser un chien ? ». Le pauvret a heureusement survécu…

Partir en road-trip avec des gens que l’on ne connait pas a cela d’excitant que l’on s’apprête à remplir de souvenirs indelebiles des pages que l’on pensait garder vierges à jamais. Plusieurs mois avant cette virée improvisée à l’autre bout du monde, je m’étais faite opérée d’un kyste qui s’était infecté et, comme un étrange hasard, une douleur vive est de nouveau apparue au niveau de ma cicatrice juste avant de mettre les voiles pour Red Island. J’écris à ma mère :

« Je ne me laisse jamais attrister mais bien sûr que cela m’arrive d’avoir des coups de blues. En toute franchise, la seule chose qui me fait défaillir, c’est ce foutu kyste. Je ne m’en sors pas, toutes les fois où j’ai été en France dans l’espoir de me faire opérer rien n’était possible. Et chaque fois que je me trouve à l’autre bout du monde, sur le point de monter dans un avion ou de partir sur une île perdue, bref, quand je ne peux rien faire, voilà qu’il se réveille. A l’heure où je te parle je suis dans un 4×4 avec 5 planches de surf sur le toit, dans la jungle, sur une île où le sable est… rose. Red Island. Et j’ai mal. Mal. Mal. Mais je ne renoncerai jamais à aller au bout de mes rêves. À embrasser ma folie. Ma soif d’aventure et de liberté. Et surtout, mon désir d’éveiller les consciences et de transmettre cette quête aux autres. « 

Quelques minutes avant que nous franchissions la douane ce jour-là, Jack me dit d’un air totalement innocent que, étant en surnombre par rapport aux touristes autorisés dans une voiture conduite par des locaux, on va devoir prétendre que lui et moi sommes mariés. Toutes les techniques sont bonnes en Indonésie…

Finalement, nous n’avons pas besoin de ruser les agents et arrivons à destination, éblouis par la vue du coucher de soleil depuis la jungle qui sépare la ville voisine de Red Island. Alors que nous vidons la voiture de nos affaires, Flora, une longboardeuse locale qui a elle aussi fui les cérémonies de Nyepi, nous lance d’un air taquin en désignant Jack de la tête : « Attention au tigre ! ».

A la nuit tombée, nous partons lui et moi en quête d’un supermarché pendant que les autres investissent les lieux de notre nouvelle beach house – un lieu insalubre dans lequel je me suis par la suite faite réveillée au beau milieu de la nuit par un rat visiblement lui aussi passionné par les courbes de mon corps, « Ce n’est qu’un gecko » (petit lézard qu’on trouve partout sur les murs en Indonésie), me dira Jack… Sur le chemin du retour, pris par notre conversation, nous nous trompons de route et atterrissons en haut du montage – je ne comprends pas comment et lui non plus. Nous rentrons avec plus d’une heure de retard. Evidemment, personne ne nous  croit et pourtant, nous nous sommes bien juste perdus…

Pendant tout le long du séjour et après chaque sessions de surf – ou plutôt wipe out en série car le swell nous a apparemment suivis jusqu’à Java, Jack lance un dessin animé. Je comprends alors, devant Winnie L’Ourson qui apprend l’anglais, que derrière chaque tigre se cache toujours un chaton.

Quand nous quittons Red Island, nous découvrons que nous sommes des centaines à avoir eu la même idée. A l’arrêt dans les embouteillages, nous sortons des voitures au milieu de la jungle et regardons le ciel, spectaculaire. Jack et ses potes s’allongent au milieu de la route et échangent des mots dans leur dialecte que les deux autres filles et moi ne comprenons pas. Nous mettons finalement plus de 6 heures à regagner Canggu et célébrons notre arrivée par un Nasi Goreng dans le seul warung encore ouvert à cette heure si tardive. Tout le monde rentre se coucher.

Depuis, je continue de rencontrer Jack sur le line up et de lui envoyer des élèves car il a cette force tranquille qui vous apaise au beau milieu de l’océan. Récemment, Margaux et moi avons partagé une session en sa compagnie à Old Man’s. Le set était gros. Il nous a fait prendre des vagues immenses, en toute sérénité.

La magie d’un tigre qui regarde Winnie l’Ourson…

Pour surfer avec Jack : Bali Mermaid Surfing.
N’oubliez pas de lui laisser un petit mot sur TripAdvisor ensuite.

1 commentaire

  1. Indiacha.com
    24 novembre 2017

    Oh non, ça donne tant envie… tu dois te régaler, je crois que dans les moments comme ça, on oublie vite ses mal !

    Belle journée

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Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.Free spirit, ocean addict & gypsy soul, je vis barefoot sous les palmiers. Ici, je partage avec vous mes bons plans à Bali, ma passion pour le surf, le Yoga et mon lifestyle de digital nomad.

contact{at}laurayoga.fr

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