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Voyage solidaire à Bali (et ailleurs)

Bali, ce n’est pas qu’une destination tropicale et paradisiaque. C’est aussi une population très pauvre ; des enfants qui comme dans n’importe quelle autre partie du monde n’ont pas toujours une famille et sont souvent privés d’éducation ; des animaux errants qui survivent rarement aux maladies (plus particulièrement les chiens) ; un océan dans lequel flotte une quantité de plastique impressionnante et un peuple qui doit parfois faire face à des catastrophes naturelles comme le Mont Agung, au bord de l’éruption en novembre dernier, qui a de ce fait contraint des milliers de balinais à fuir leur habitation.

Heureusement, le tourisme n’attire pas que des âmes égarées venues polluer les plages et déclencher des bagarres dans les rues de Kuta après avoir bu des litres de Bintang. Il y a aussi des consciences éveillées qui ont compris que le sourire des balinais cache parfois une réalité toute autre et mettent en place des initiatives pour que l’ile des dieux subsiste. Nombreux expatriés ont en effet ouvert des orphelinats à la suite d’évènements tragiques ou encore des associations caritatives pour la protection animale, entre autres…

Si l’envie vous dit de mettre votre pierre à l’édifice, voici tout ce que vous pouvez faire de solidaire à Bali…

The Green School : une école écologique (Ubud)

Nichée au cœur de la forêt tropicale dans la région sublime d’Ubud, The Green School a été conçue autour de la notion de développement durable, non seulement dans son architecture incroyable tout en bambou, mais aussi dans les programmes scolaires qu’elle propose à ses élèves.

John et Cynthia Hardy, couple d’expatriés américains installés sur l’ile depuis plus de 30 ans, ont fondé l’école suite à une prise de conscience brutale sur le réchauffement climatique, survenue après avoir visionné « Une vérité qui dérange » de David Guggenheim.

Leur objectif était le suivant : sensibiliser et responsabiliser les générations à venir quant à la préservation de l’environnement. Ils ont donc établi un espace naturel et hors du commun, favorisant l’apprentissage de l’élève, stimulant sa créativité et son intérêt pour la biodiversité. Le programme suit le modèle anglo-saxon traditionnel, à cela près qu’il prend en compte le durable, avec des activités inédites telles que concevoir des aqua-fermes, calculer le bilan carbone de l’école, participer à la préservation animale… Toutes les classes bénéficient par ailleurs d’un potager pour cultiver le riz, les fruits et les légumes.

La majorité des élèves sont étrangers, mais l’école met en place de nombreux dispositifs afin d’aider financièrement les familles locales et de les encourager à inscrire leurs enfants.

Aujourd’hui, The Green School n’accueille malheureusement plus de bénévoles. Cependant, vous pouvez faire un don afin qu’un enfant indonésien puisse intégrer l’établissement.

Jodie O’Shea House orphanage (Denpasar)

Cet orphelinat situé à Denpasar a ouvert ses portes en mémoire à Jodie O’Shea, décédée dans les attentats à Bali en 2002. Après l’évènement tragique en question, de nombreux individus se sont unis pour aider ceux qui avaient tout perdu. Parmi eux, un groupe de personnes décident de combiner leurs ressources pour que les orphelins balinais puissent vivre enfin des jours meilleurs.

Aujourd’hui, l’orphelinat Jodie O’Shea House accueille 92 enfants, allant de 6 mois à 19 ans. Certains sont balinais, d’autres viennent de contrées plus éloignées comme Sumba : une île particulièrement pauvre et aride située à l’est de Bali. D’où qu’ils viennent, la plupart d’entre eux rejoignent l’orphelinat souffrant de malnutrition, d’abus physique et d’autres conséquences dramatiques de l’extrême pauvreté. Une fois que les enfants sont pris en charge sur place, Jodie O’Shea House les éduque, les nourrit sainement, prend soin de chacun d’entre eux et enfin leur donne une chance de trouver un travail quand ils sont enfin en âge de partir.

Quand j’ai eu l’occasion de visiter l’orphelinat, j’ai été saisie par la présence d’esprit des enfants, à quel point ils sont pleins de vie, intelligents, sensibles, créatifs, indépendants… Ils ont tous une personnalité bien à eux et sentent les choses comme aucun autre être humain n’a la capacité de le faire, un peu comme si ils détenaient la vérité. J’ai trouvé cela particulièrement troublant et initiatique… Mais c’est bien sûr surtout à eux que l’ont fait du bien.

Vous pouvez vous aussi visiter l’orphelinat et passer un après-midi avec les enfants (n’oubliez pas de leur amener des fruits, ils adorent !) et jouer avec eux – prenez rendez-vous avant et munissez-vous de votre passeport le moment venu. Il est également possible de sponsoriser un enfant pour couvrir ses dépenses quotidiennes, lui permettre de partir en vacances et même lui offrir un cursus universitaire.

Je vous invite également à visionner cette vidéo qui revient sur les débuts de l’orphelinat : cliquez ici.

Avec Meme – Jodie O’Shea House

Mission Pawsible : sauver les Bali dogs (Canggu)

Après 15 ans dans l’industrie du design, Prue quitte son Australie natale et part découvrir l’Asie. Après plusieurs périples elle s’installe à Bali, marquée par tous les animaux souffrants qu’elle a croisés sur sa route. Elle décide alors tout naturellement de se consacrer à eux et plus particulièrement aux « Bali dogs », dont la plupart vivent abandonnés dans la rue, souffrant majoritairement de grave maladies de peau. Au début, elle y consacre son temps libre, paie les factures du vétérinaire de sa poche et des petites donations qu’elle rassemble en cours de route.

Avec le temps et de l’investissement, elle finit par créer Mission Pawsible qui, aujourd’hui, soigne, réhabilite, éduque et place les chiens dans le besoin mais aussi vient en aide financièrement aux « solo rescuers ». Depuis la plateforme en ligne, on peut choisir de faire un don ou bien d’acheter des produits à disposition sur le store. L’intégralité des profits revient aux soins des chiens que Prue et sa communauté sauvent des conditions de vie déplorable, souvent dans des états plus que dramatiques – vous pouvez d’ailleurs jeter un œil à l’évolution en temps réel des animaux qui sont pris en charge en ce moment sur le compte Instagram.

Sur sa première année d’activité, Mission Pawsible a sauvé plus de 150 chiens et rassemblé des milliers de dollars qui ont été intégralement investis dans les missions de réhabilitation. A noter que Prue met un point d’honneur à communiquer sur la transparence des dons, et met aussi toute son énergie à trouver des familles aux chiens qui sont rétablis.

Vous pouvez aider Mission Pawsible en devenant Foster, c’est à dire que vous accueillez un ou plusieurs chiens le temps qu’ils trouvent un foyer définitif. Vous pouvez aussi adopter, bien sûr – à condition de vivre à Bali car il est très très compliqué de sortir son chien du territoire, ou bien il faudra s’amer de patience et vous munir de minimum 1 000 dollars. Mission Pawsible est également en recherche perpétuelle de nouveaux « talents » pour contribuer bénévolement à son développement : marketing, photographe… Toutes les idées sont les bienvenues !

Mon chien est aussi un « rescued dog » – Juni

Prue – Mission Pawsible

Peduli Alam : préserver la nature (Amed)

Peu de touristes le savent jusqu’à ce qu’ils arrivent à Bali et découvrent une plage jonchée de déchets en tout genre. Parfois, pendant la saison des pluies qui rejettent tout dans l’océan, il est même souvent impossible de se baigner au risque de se blesser ou bien de se contaminer… Oui, Bali souffre d’une consommation excessive (le mot est faible) de plastique et d’un cruel manque d’éducation quant à la question de la préservation environnementale. Beaucoup de villages reculés ne disposent même pas de système de ramassage des déchets, les pêcheurs et les agriculteurs ignorent souvent tout de l’impact du plastique sur la planète, c’est pourquoi la majorité d’entre eux jettent systématiquement tout dans les rivières et dans les océans, en pensant que cela disparaîtra miraculeusement…

L’objectif de Peduli Alam est de mettre la population locale sur la voie, en l’aidant à prendre conscience de l’impact sur la nature et la santé de l’incinération ou du rejet des déchets dans la nature, les rivières et la mer. Pour ce faire, l’association met en place des solutions faciles d’accès, organise des campagnes de sensibilisation dans les écoles, met à disposition des poubelles publiques mais aussi individuelles dans les commerces locaux, les écoles et les maisons, paramètre des systèmes de collecte à destination des centres de tri, va à la rencontre de la hiérarchie dans les villages… Chaque mois, l’association collecte plus de cinq tonnes de déchet non organiques – oui, cinq tonnes.

Grâce aux nombreux efforts de Peduli Alam, les consciences commencent enfin à évoluer… Les villages alentours mettent en place de nouvelles initiatives telles que des journées de nettoyage, et prennent soin désormais de contacter l’association pour récolter ensuite les déchets. Les chefs de village sont davantage concernés par la protection de leur environnement et acceptent enfin de changer (un peu) l’organisation…

Pour participer à une collecte ou tout simplement faire un don à l’association, rendez-vous à Amed : petit village de pêcheurs situé dans l’est de Bali où vous pourrez en plus admirer la vue imprenable sur le célèbre Mont Agung.

Amed

Dans les autres îles ?

Protéger les tortues avec la Sumatran Sea Turtle Conservation (Sumatra)

L’Indonésie est un archipel immense et, si vous avez l’occasion d’y venir, je vous encourage fortement à explorer d’autres iles plus sauvages et moins touristiques que Bali, sur lesquelles vous pouvez également faire du tourisme solidaire.

A Sumatra, par exemple, vous il est possible de sauver et de soigner des bébés tortues marines dans le petit village de Sungai Pinang (ouest Sumatra) avec la Sumatran Sea Turtle Conservation. Si vous suivez mes aventures depuis longtemps, vous en avez déjà entendu parler puisque c’est l’endroit où je me suis rendue pour mon premier voyage à Sumatra en avril 2017.

La réserve, qui a été fondée spontanément par quatre amis souhaitant sauver les tortues marines, est devenue une véritable organisation qui accueille désormais une multitude de bénévoles venus des quatre coins de la planète. Quand ils ont commencé leur projet, Ahmed, Andre, Del et Ricky recueillaient les tortues dans de veilles baignoires et leur procuraient des soins avec le peu de matériel qu’ils avaient à disposition. Au cours de leur première saison de sauvetage, ils ont sauvé plus de 450 tortues marines, qu’ils ont par la suite relâché dans l’océan. Aujourd’hui, l’organisation bénéficie de sa propre clinique, construite sur la plage du village et bénéficiant de larges bassins pour accueillir les tortues ainsi qu’un nid sécurisé, donnant directement accès à la mer.

Ahmed, Andre, Del et Ricky, qui ont chacun des parcours et passions différentes (éco-tourisme, musique, surf…) forment une alliance faisant autorité dans le village de Sungai Pinang. Leur réserve, qui attire de nombreux curieux, fait aussi office d’école locale et enseigne aux enfants du village à parler anglais, les sensibilise aux questions environnementales et leur apprend comment trier les déchets. Et parce qu’il s’agit également d’une éventuelle voie professionnelle pour le futur, les enfants s’essayent eux aussi aux joies du surf : de jolies petites vagues déferlent en effet régulièrement sur Sungai Pinang.

Vous pouvez facilement intervenir pour l’association, en faisant du bénévolat par exemple pour les enfants mais aussi pour les tortues marines qui ont régulièrement besoin de soin.

A noter qu’à quelques centaines de mètres du village se trouve une petite plage abritée des regards sur laquelle l’un des membres (Riki) a fondé la « Riki Beach House », équipée de plusieurs jolis petits Bungalows depuis lesquels vous entendrez les bruits de la jungle et des singes au petit matin. Beaucoup de français séjournent par ailleurs dans cette guesthouse…

Réhabiliter les oiseaux avec la FNPF (Nusa Penida)

Située au large de Bali, Nusa Penida est une petite ile encore sauvage – mais qui attire cependant de plus en plus de curieux grâce à ses paysages spectaculaires. Les habitants de l’ile de Nusa Penida vivent de la pêche et des cultures locales, mais aussi de l’éco-tourisme qui s’y développe actuellement.

La National Parks Foundation, notamment, y organise des programmes de réhabilitation pour la faune et la flore, et plus particulièrement des oiseaux – elle supporte par ailleurs la Bali Bird Sanctuary, qui oeuvre entre autres pour la survie de l’emblématique Bali Starling Bird et qui a fait de Nusa Penida un véritable sanctuaire pour les oiseaux en voie d’extinction.

Désormais, les iles voisines et Nusa Penida elle-même sont officiellement déclarées zones marines protégées. La FNPF y dirige également un centre de protection des tortues marines et l’ont peut régulièrement y apercevoir des dauphins.

Il est possible de rejoindre l’association en tant que volontaire pour participer aux activités liées à la conservation de la faune et de la flore, ou encore en tant que professeur pour enseigner l’anglais aux enfants des villages locaux. La communauté éduque également les villageois aux méthodes de culture organiques, parmi d’autres nombreuses activités, c’est donc le meilleur moyen de s’éduquer soi-même sur la question…

Il est enfin également possible de rejoindre d’autres programmes à Bali, aux iles Kalimantan (parcelle indonésienne de Bornéo) en sponsorisant par exemple un hectare de terrain pour y planter des arbres et sauver les orang-outan qui subissent tragiquement la déforestation. En rejoignant un programme, vous découvrez par la même occasion la vie locale dans des endroits reculés de la planètes, qui sont encore peu explorés et qui ont fortement besoin d’être préservés…

Toutes les opportunités sont répertoriées ici.

> Si vous avez d’autres suggestions ou voulez tout simplement partager votre expérience à propos du tourisme solidaire à Bali et en Indonésie, n’hésitez pas à commenter.

 

1 commentaire

  1. Terral
    30 mai 2018

    Bravo

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contact{at}laurayoga.fr

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