Tales of the Sea

Live in the water, love by the moon

Pourquoi nous n’arrivons pas à être seuls ?

Souvent, quand je m’assois dans le métro, j’observe les gens autour de moi. Le type costumé en face est plongé dans la Une trépidante du Parisien, la jeune fille à sa gauche dézingue des bonbons sur son téléphone, la dame à côté se ressaisit alors que Musso vient de lui arracher une larme…

Bref, tout le monde est très, très occupé sur la ligne 8. Comme sur toutes les lignes du monde entier, d’ailleurs. Pourquoi ? Parce que très peu de personnes arrivent à être seules avec elles-mêmes, ne serait-ce que quelques instants… Au risque de mourir pulvérisées par l’ennui.

Mais que se passe-t-il dans nos petites têtes pour que nous ayons à ce point besoin de nous arracher à nous-même quand l’occasion se présente ? L’autre jour, je discutais avec un copain. Il me disait qu’il était tout simplement inconcevable pour lui d’aller se promener tout seul, et de ne rien faire sinon que marcher et regarder ce qu’il se passe autour. « D’ailleurs, je ne vois même pas pourquoi je le ferais ! », m’a-t-il répondu, avant d’ajouter : « Je m’en fous des arbres et du ciel… ».

Ce qui est ironique chez les personnes qui sont à ce point frileuses à l’idée de se retrouver seules avec elles-mêmes, c’est qu’elles souffrent justement d’un grand mal : celui de la solitude. Et c’est tout logiquement pour lui échapper qu’elles s’empressent de chercher une distraction, un lieu, des gens… Ainsi, elles se rassurent en étant constamment entourées ou l’esprit occupé. Le problème, c’est que lorsque nous sommes intérieurement si seuls – car c’est la réalité des personnes qui cherchent constamment une occupation – nous devenons simples spectateurs de la vie. Quand on y pense, c’est bien plus triste que d’affronter sa solitude intérieure.

La seule façon de devenir acteur de notre vie, c’est de comprendre la solitude et de la dépasser. C’est là que se trouve le trésor de la lampe. Mais comment y arriver ? D’une part, il faut faire la différence entre le sentiment de solitude et la solitude elle-même – facile à dire…

La vraie solitude, c’est celle dont souffrent par exemple les personnes âgées qui n’ont plus de famille, qui sont coupées du reste du monde. Ou tout simplement ces personnes comme vous et moi qui, un jour, ressentent une souffrance inexplicable, un abîme vertigineux qu’aucune distraction extérieure ne pourra leur ôter, parce qu’ils sont VRAIMENT seuls dans leur vie. La solitude assumée, en revanche, c’est un état d’ivresse et de liberté qui prend forme une fois que l’on a outrepassé et compris le sentiment de solitude – ce moment que vous êtes sur le point de transformer en ennui parce que vous ne faites rien d’autre qu’être avec vous-même et que cela vous effraie.

Quand vous assumez parfaitement cette solitude, que vous la regardez en face sans essayer de la fuir, vous ne comptez plus sur personne d’un point de vue psychologique, vous n’êtes plus en quête perpétuelle de plaisir, de choses réconfortantes ou valorisantes. Vous êtes vous, le cœur et l’esprit libérés de la douleur.

Mais tant que nous nous laisserons assaillir par cette douleur, elle ne fera que ressurgir. Comme pour toutes les choses de la vie que nous ne comprenons pas – ou plutôt que nous ne voulons pas comprendre : elles reviennent sans cesse, jusqu’à ce que nous ayons trouvé suffisamment de courage pour les transcender. Et nous ne serons jamais nous-même, car nous sommes ce que nous sommes lorsque nous ne faisons rien…

Le Yoga peut vous aider à comprendre que vous n’avez pas besoin d’être divertis ou gratifiés. Mais c’est une libération qui peut s’opérer de toutes les façons, du moment que vous décidez d’affronter la peur d’être seul avec vous-même. Regardez ce que vous avez à l’intérieur, et acceptez ce que vous y trouvez.

3 Commentaires

  1. Joan
    23 octobre 2015

    Magnifique, merci pour ce partage 🙂

  2. Sarah
    13 décembre 2018

    Bonjour Laura!

    Merci pour ce partage … je me reconnais tellement lorsque tu parles de cette souffrance inexplicable que chacun sans doute a pu ressentir une fois dans sa vie. A l’époque où je le ressentais, j’étais pourtant tellement entourée (c’était au lycée) mais rien à faire, je m’effondrais une fois chez moi, en me pensant de manière irrévocable “mal aimée”.
    Aujourd’hui, j’apprécie tellement la solitude, et j’en ressens même le besoin vital lorsque je passe trop de temps en groupe, dans le tumulte de tous ces échanges. La solitude est désormais mon moment de tête à tête avec moi-même, où je me retrouve, où je m’apaise et me rappelle à ma vision de l’univers.
    Je te suivais déjà sur instagram mais je me suis lancée à l’assaut de tes articles de blog seulement cette semaine.. et je les dévore un à un ! Merci pour tes beaux textes qui donnent envie de continuer à avancer sur notre chemin…
    Belle journée !

    • Laura
      15 décembre 2018

      Bonjour Sarah,
      Merci pour ton partage. J’ai aussi beaucoup traversé de périodes similaires pendant ma scolarité. C’est difficile de se construire sur le rejet. Mais en effet, cela devient une richesse par la suite, pour toutes les raisons que tu évoques.
      Heureuse que tu aimes mes articles !
      A bientôt,
      Laura

Laisser un commentaire

Une image bien sympa est normalement à cette place. Nous sommes sur le coup. « Island moon child », j'ai quitté ma vie parisienne pour m'installer à Bali où je mène de front plusieurs projets mais surtout où j'apprends, entre plusieurs péripéties tropicales, à me connecter aux éléments et à moi-même.

Ici, je partage avec vous ma vision de l'Univers, mes passions pour le surf, le Yoga, et le energetic healing – que je pratique sur l'ile des Dieux, ainsi que mon cheminement spirituel.

>> Pour booker une guidance personnelle avec moi rendez-vous ici.

contact{at}laurayoga.fr

Une image bien sympa est normalement à cette place. Nous sommes sur le coup.

Chaque mois, je vous concocte personnellement une box surprise depuis Bali et l’envoie chez vous ! Tout est local et fait-main.

Une image bien sympa est normalement à cette place. Nous sommes sur le coup.

Clothing brand created and inspired in Bali.

Un email tout droit venu du paradis pour partager avec vous mes périples.